Comment devenir médecin
Neuf ans d’études minimum, un concours sélectif dès la première année, une thèse à soutenir avant de pouvoir exercer. Le diplôme d’État de docteur en médecine est l’un des parcours les plus longs de l’enseignement supérieur français. Il ouvre sur un métier aux multiples visages, pas seulement le cabinet et l’ordonnance.
Quel est le rôle d’un médecin ?
Le médecin accueille des patients dans son cabinet ou à l’hôpital pour les consultations. Chaque consultation permet de prendre en compte les symptômes du patient, de détecter l’origine de ses maux et de prescrire les médicaments ou le traitement adapté. Quand la situation le nécessite, il oriente son patient vers le service ou le spécialiste adéquat : radiologie, cardiologie, dermatologie.
Ses missions au quotidien :
- Accueille les patients en consultation et recueille leurs symptômes et antécédents médicaux
- Établit un diagnostic et prescrit le traitement adapté, ainsi qu’un arrêt de travail si nécessaire
- Oriente vers les spécialistes ou services appropriés selon la situation
- Pratique les gestes courants : prise de tension et de température, auscultation cardiaque et pulmonaire
- Assure le suivi médical de ses patients dans la durée
- Se forme en continu pour rester au fait des évolutions médicales et des nouvelles pratiques
Quelle formation pour devenir médecin ?
Pour exercer le métier de médecin, il est indispensable de posséder un excellent niveau scientifique. Une appétence pour les mathématiques, la chimie ou la biologie sera la bienvenue, et il est vivement recommandé de privilégier un bac scientifique. Le diplôme à obtenir est le diplôme d’État de Docteur en Médecine, au terme d’un cursus de 9 ans minimum.
Le cursus se déroule en trois grandes étapes :
La première année s’effectue en PASS (Parcours d’Accès Spécifique Santé) à l’université, ou via une licence dans la filière de son choix avec option Accès Santé (L.AS). Cette réforme, mise en place dès 2020 en remplacement du PACES (supprimé fin 2019), vise à faciliter les passerelles et les réorientations. C’est une année sélective, au programme chargé : chimie, biologie moléculaire, anatomie, embryologie. Les étudiants qui n’intègrent pas la phase d’admission en deuxième année peuvent se réorienter grâce à la mineure choisie (droit, histoire, psychologie).
Lors de la deuxième et troisième année, les étudiants commencent à réaliser des stages au sein de services généraux ou spécialisés, tout en poursuivant une formation théorique dense. La troisième année est récompensée par le DFGSM (diplôme de formation générale en sciences médicales), un diplôme de niveau licence.
Les trois années suivantes correspondent à l’externat. Les étudiants alternent cours à l’université et stages en milieu hospitalier. Ces trois ans aboutissent au DFASM (Diplôme de Formation Approfondie en Sciences Médicales). À l’issue de ce cycle, les épreuves classantes nationales (ECN) déterminent, selon le classement, la spécialité et la ville d’affectation pour l’internat.
L’internat constitue la dernière ligne droite. Il dure 3 ans minimum, et peut atteindre 5 ans pour les spécialités chirurgicales. L’interne est déjà médecin et réalise divers stages (médecine générale, urgences, pédiatrie, gynécologie). Pour obtenir le diplôme d’État, l’étudiant doit valider ses stages, son DES (Diplôme d’Études Spécialisées) et soutenir sa thèse. Dernière étape : prêter le serment d’Hippocrate, qui fixe les règles de la déontologie médicale, dont le secret professionnel.
Un bac scientifique solide est le meilleur point de départ. Les remplacements en fin d’internat permettent de tester différents environnements d’exercice avant de choisir son installation. Pour ceux qui hésitent entre libéral et hospitalier, l’exercice mixte est de plus en plus courant.
Quelles sont les qualités requises pour devenir médecin ?
Un médecin peut recevoir plusieurs dizaines de patients dans une journée, dans des situations très différentes les unes des autres. Ce rythme, et les responsabilités qu’il implique, demandent un profil particulier.
Qualités humaines indispensables
Le médecin doit d’abord savoir écouter ses patients attentivement, car c’est souvent de ce premier échange que naît le bon diagnostic. Il fait également preuve d’empathie pour mettre à l’aise des personnes qui viennent parfois avec beaucoup d’inquiétude.
Son sens de la pédagogie lui permet d’expliquer clairement un diagnostic, un traitement ou des résultats d’examens à des patients sans formation médicale. La rigueur est aussi fondamentale : chaque décision engage directement la santé du patient, et une erreur de diagnostic ou de prescription peut avoir des conséquences graves.
Enfin, une bonne résistance physique et mentale est nécessaire pour tenir sur la durée, notamment lors des gardes ou des journées de consultation chargées.
Compétences techniques incontournables
- Connaissances médicales approfondies dans sa spécialité, mises à jour en permanence
- Capacité diagnostique et maîtrise des protocoles de soins
- Connaissance des dispositifs de prise en charge (Assurance Maladie, affections longue durée)
Compétences techniques complémentaires
- Gestion administrative d’un cabinet en libéral (comptabilité, secrétariat, logiciels médicaux)
- Anglais scientifique pour la veille médicale et la lecture des publications internationales
- Connaissance des aides à l’installation dans les zones sous-dotées
Quel est le salaire d’un médecin ?
La rémunération d’un médecin dépend avant tout du statut choisi. Un médecin hospitalier et un médecin libéral n’obéissent pas aux mêmes logiques de rémunération, et les écarts peuvent être significatifs.
- En début de carrière, un praticien hospitalier débutant touche environ 4 634 € brut par mois (soit environ 3 500 € net), hors primes de garde et astreintes. Un médecin libéral en début d’installation perçoit généralement entre 3 500 et 5 000 € net par mois, selon son volume d’activité et ses charges.
- Avec l’expérience, un praticien hospitalier confirmé peut atteindre 9 368 € brut par mois. Selon les données DREES 2021, le revenu annuel moyen de l’ensemble des médecins libéraux s’établissait à 124 000 €, soit environ 10 000 € par mois, avec de très fortes disparités selon la spécialité.
Le statut libéral offre un potentiel de revenu plus élevé, mais implique de gérer ses propres charges (URSSAF, cotisations CARMF, loyer du cabinet, assurance). L’hospitalier bénéficie d’une grille de rémunération prévisible et de primes liées aux gardes et astreintes. Dans les zones sous-dotées, des dispositifs d’incitation financière peuvent venir compléter la rémunération.
Quelle évolution pour un médecin ?
Les évolutions possibles pour un médecin sont nombreuses. La première question qui se pose en fin d’internat est celle du mode d’exercice : fonction publique hospitalière, EHPAD, médecine libérale, armée ou éducation nationale. Ce choix n’est pas définitif, et beaucoup de médecins changent de cadre d’exercice au cours de leur carrière.
Le médecin généraliste peut choisir d’évoluer vers la médecine de contrôle et de santé publique, au sein de l’Assurance maladie par exemple. D’autres s’orientent vers la médecine d’urgence, la médecine humanitaire, ou l’exercice en maison de santé pluriprofessionnelle. Cette dernière est une voie en fort développement, qui attire de plus en plus de jeunes praticiens souhaitant travailler en équipe tout en gardant une activité libérale.
Certains médecins choisissent de se tourner vers la recherche médicale, dans des laboratoires ou des institutions spécialisées. D’autres combinent recherche et enseignement en devenant professeurs des universités-praticiens hospitaliers (PU-PH), contribuant ainsi à la formation des futures générations de médecins.
Votre futur environnement de travail
Le cadre d’exercice varie beaucoup selon le statut choisi. En cabinet libéral, la journée est organisée autour des consultations, qui se succèdent du matin jusqu’en fin d’après-midi. Vous recevez des patients d’âges et de profils très différents, dans un environnement que vous avez souvent contribué à aménager vous-même. La gestion du cabinet, des prises de rendez-vous et des tâches administratives fait partie du quotidien et peut représenter une charge non négligeable.
À l’hôpital, le rythme est différent. Vous travaillez en équipe avec d’autres médecins, des infirmiers et des aides-soignants, dans un environnement plus collectif. Les gardes et les astreintes viennent rythmer la semaine de façon moins prévisible qu’en cabinet. Certains services, comme les urgences, impliquent une disponibilité permanente et une pression opérationnelle élevée. D’autres, comme la médecine interne ou la gériatrie, offrent un rythme plus régulier avec un suivi de patients sur le long terme.
Avantages et inconvénients du métier de médecin
Le métier de médecin recouvre des réalités très différentes selon le statut et la spécialité. Ses avantages et ses contraintes varient en conséquence.
Avantages
- Un métier profondément utile : chaque consultation a un impact direct sur la santé et le quotidien des patients. Ce sentiment d’utilité concrète est l’une des raisons pour lesquelles beaucoup de médecins restent très attachés à leur métier malgré ses exigences.
- Une grande liberté d’exercice : choix du statut, de la spécialité, de la zone géographique et du rythme de travail. En libéral, le médecin organise son activité comme il l’entend.
- Une rémunération qui progresse avec l’expérience : les revenus évoluent favorablement avec la patientèle et l’ancienneté, et peuvent atteindre des niveaux très élevés pour les spécialistes libéraux confirmés.
Inconvénients
- Des études très longues et exigeantes : neuf ans minimum, avec une première année très sélective et un internat pouvant durer jusqu’à cinq ans. La charge de travail est importante dès les premières années.
- Une charge administrative souvent sous-estimée : en libéral, la gestion du cabinet, des feuilles de soins et des obligations réglementaires prend un temps considérable que la formation ne prépare pas toujours à anticiper.
- Une responsabilité permanente : chaque décision engage directement la santé du patient. Cette pression, cumulée aux gardes et aux journées longues, peut peser sur la durée.
©Halfpoint - stock.adobe.com